
Les examens médicaux
Le diagnostic de l’endométriose repose sur plusieurs étapes : l’écoute des symptômes, l’évaluation clinique puis, lorsque cela est nécessaire, la réalisation d’examens d’imagerie.
Aucun examen ne permet à lui seul de repérer toutes les formes de la maladie. Un résultat normal n’exclut donc pas toujours la présence d’une endométriose.
Le choix des examens dépend des symptômes, de leur intensité et de leur retentissement sur la vie quotidienne, mais aussi des antécédents, de la tolérance aux examens et du projet de la patiente.
Quelques conseils
Le parcours diagnostique peut être initié par un médecin généraliste, un gynécologue ou une
sage-femme, dans le cadre du dépistage et du suivi gynécologique. Certaines sages-femmes ayant reçu une formation spécifique réalisent également des échographies gynécologiques.
Lorsqu’une pathologie est identifiée ou fortement suspectée, une orientation vers un médecin ou une équipe spécialisée peut être nécessaire.
Il est recommandé de conserver l’ensemble des comptes rendus médicaux et, lorsque cela est possible, les images des examens dans un dossier dédié. Cela facilite les échanges entre les professionnels de santé et le suivi du parcours de soins.

L’évaluation clinique en cas de suspicion d’endométriose
En cas de douleurs pelviennes chroniques ou de suspicion d’endométriose, l’évaluation commence par un entretien détaillé. Le professionnel de santé s’intéresse notamment à la fréquence, à l’intensité et au rythme des douleurs, à leur éventuel lien avec le cycle menstruel ainsi qu’à leurs répercussions sur la vie quotidienne, la sexualité, le sommeil, les études ou le travail.
Il recherche également les symptômes pouvant orienter vers certaines localisations de la maladie, comme des règles très douloureuses, des douleurs pendant les rapports sexuels, à la défécation ou au moment d’uriner, notamment lorsque celles-ci sont rythmées par le cycle.
L’évaluation doit aussi prendre en compte la qualité de vie de la patiente et l’ensemble des conséquences physiques, psychologiques, sociales et professionnelles des symptômes.
Un examen pelvien peut être proposé afin de rechercher des zones douloureuses, une diminution de la mobilité de certains organes, une masse ou un nodule, et d’orienter la prescription des examens d’imagerie. Un examen clinique normal n’exclut cependant pas une endométriose.
En première intention, l’échographie pelvienne par voie endovaginale
L’échographie pelvienne par voie endovaginale est l’examen d’imagerie recommandé en première intention en cas de suspicion d’endométriose.
Elle utilise des ultrasons transmis par une sonde fine introduite dans le vagin afin d’explorer l’utérus, les ovaires et les différentes zones du pelvis.
Elle permet notamment de repérer les endométriomes, qui sont des kystes d’endométriose situés sur les ovaires, ainsi que de nombreuses lésions d’endométriose profonde. Elle peut également contribuer à évaluer la mobilité des organes et à identifier certaines zones douloureuses.
L’examen peut débuter par une échographie sus-pubienne, réalisée sur l’abdomen avec la vessie pleine, puis se poursuivre par une échographie endovaginale, généralement réalisée avec la vessie vide.
Une échographie uniquement réalisée par voie abdominale n’est généralement pas suffisante pour rechercher une endométriose profonde. Elle peut néanmoins être proposée lorsque la voie endovaginale n’est pas souhaitée ou ne peut pas être réalisée.
Une échographie normale n’exclut pas une endométriose. Certaines lésions, notamment les formes superficielles ou certaines localisations profondes ou situées en dehors du pelvis, peuvent ne pas être visibles.
La qualité de l’examen dépend également de la formation et de l’expérience du professionnel qui le réalise. Lorsque les symptômes persistent malgré une première échographie normale ou douteuse, un nouvel examen auprès d’un praticien spécialisé peut être proposé.

À savoir
Tout examen gynécologique doit être expliqué avant sa réalisation et ne peut être pratiqué qu’avec le consentement libre et éclairé de la patiente. Celle-ci peut refuser l’examen, demander à le reporter ou demander son interruption à tout moment.
L’examen doit être réalisé dans le respect de la pudeur et de l’intimité. La position, les gestes et le matériel utilisés doivent être adaptés afin de limiter autant que possible l’inconfort ou les douleurs.
L’échographie endovaginale peut provoquer de l’inconfort ou des douleurs. Avant l’examen, le professionnel doit en expliquer l’intérêt et le déroulement, et laisser à la patiente la possibilité d’exprimer ses craintes, ses besoins et ses éventuelles expériences antérieures.
La patiente peut demander des adaptations, changer de position, demander à introduire elle-même la sonde ou interrompre l’examen. La réalisation de l’échographie doit toujours être adaptée à son ressenti et à ses limites.
Une attention particulière doit être portée aux personnes ayant vécu des violences ou des expériences médicales difficiles, ainsi qu’aux personnes en situation de handicap ou de vulnérabilité.

En deuxième intention,
l’IRM pelvienne
L’imagerie par résonance magnétique, ou IRM, est généralement proposée en deuxième intention lorsque l’échographie endovaginale est normale, douteuse ou incomplète, mais que les symptômes restent fortement évocateurs d’une endométriose.
Lorsque l’échographie endovaginale ne peut pas être réalisée, l’IRM pelvienne peut également être proposée dès la première intention.
L’IRM utilise un champ magnétique et n’émet pas de rayons X. Elle permet d’obtenir des images détaillées des organes et des tissus du pelvis. Elle peut notamment aider à repérer et à décrire des lésions profondes touchant les ligaments utéro-sacrés, la zone située entre le vagin et le rectum, la vessie ou le tube digestif.
Elle est également particulièrement utile lorsqu’une intervention chirurgicale est envisagée, car elle permet d’établir une cartographie aussi précise que possible des lésions et de préparer la prise en charge.
Comme pour l’échographie, une IRM normale n’exclut pas toutes les formes d’endométriose, notamment les lésions superficielles. L’examen doit idéalement être réalisé selon un protocole adapté à la recherche d’endométriose et interprété par un radiologue formé à cette maladie.
Les examens complémentaires
D’autres examens peuvent être proposés en fonction des symptômes, des résultats de l’échographie et de l’IRM, des localisations suspectées et du projet thérapeutique. Ils ne sont pas réalisés de manière systématique et sont généralement prescrits dans le cadre d’une prise en charge spécialisée.
En cas de suspicion d’atteinte digestive
Lorsque les symptômes ou les premiers examens font suspecter une atteinte du rectum ou du côlon, des examens complémentaires peuvent être proposés afin de préciser la profondeur et l’étendue des lésions.
Il peut notamment s’agir d’une écho-endoscopie rectale, d’une entéro-IRM ou, dans certaines situations, d’un coloscanner à l’eau. Ces examens sont surtout utilisés en troisième intention ou avant une intervention chirurgicale, notamment lorsque les résultats de l’échographie, de l’IRM et de l’examen clinique ne concordent pas.
En cas de suspicion d’atteinte urinaire
En présence de symptômes urinaires ou lorsqu’une atteinte de la vessie ou des uretères est suspectée, une échographie des reins et des voies urinaires ou d’autres examens d’imagerie ciblés peuvent être prescrits.
Ces examens permettent notamment de vérifier que l’écoulement des urines entre les reins et la vessie n’est pas entravé par une lésion d’endométriose. Une atteinte de l’uretère peut parfois évoluer sans provoquer de symptômes importants : sa recherche est donc essentielle lorsqu’une lésion est suspectée à proximité des voies urinaires.

Vous pouvez solliciter un deuxième avis
Dans le diagnostic de l'endométriose, le choix du professionnel de santé est essentiel. Il doit être formé et qualifié, mais aussi à l’écoute de votre vécu, de vos besoins et de vos questions. L’examen n’est jamais obligatoire. Il doit se faire à votre rythme, et avec un professionnel de confiance. Si vous avez des doutes, si vous souhaitez un autre point de vue, vous pouvez demander un second avis médical. Il existe des plateformes qui permettent d’obtenir l’avis d’un spécialiste qualifié.




