Le Cnam – CEET publie une étude sur l’endométriose au travail

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Le Centre d’études de l’emploi et du travail (CEET) est un programme transversal du Conservatoire national des arts et métiers (Cnam) visant à développer la recherche pluridisciplinaire sur le travail et l’emploi, dans une perspective académique et de réponse à la demande sociale. Le CEET s’appuie plus particulièrement sur trois laboratoires du Cnam : le CRTD (Centre de recherche sur le travail et le développement, EA), le Lirsa (Laboratoire interdisciplinaire de recherche en sciences de l’action, EA) et le Lise (Laboratoire interdisciplinaire de sociologie économique, UMR Cnam/CNRS).

Il y a quelques mois, Alice Romeiro, post-doctorante au CEET et Docteure en science politique à l’Université Paris 8, sollicitait plusieurs interlocuteurs dont l’association ENDOmind dans le cadre d’un projet d’étude sur les conséquences de l’endométriose sur la vie professionnelle. Après plusieurs échanges autour de la préparation du questionnaire de l’étude, nous avons pu inviter les malades en lien avec l’association à participer à cette étude et apporter leurs réponses pour permettre un éclairage important sur cette question essentielle de l’impact de la maladie sur ce pan de leur vie.

Nous nous réjouissons aujourd’hui de pouvoir prendre connaissance des résultats de ce travail essentiel dans une publication du CEET qui mettent en évidence deux problématiques rencontrées par les malades.

“Ce numéro de Connaissance de l’emploi a mis au jour les conséquences plurielles de l’endométriose sur la vie professionnelle des femmes qui en sont atteintes. Les symptômes multiples et variables de cette maladie rendent le travail pénible au quotidien et lorsque les malades révèlent leur pathologie à leur direction à la suite d’une longue absence ou d’absences répétées, elles s’exposent parfois à des réactions négatives qui provoquent du mal-être au travail (propos intrusifs ou malveillants, harcèlement). Cette maladie extra-professionnelle façonne sensiblement la carrière professionnelle des malades (non-renouvellement de contrat, impossibilité d’honorer des missions ou des contrats, absences fréquentes). Pour autant, l’endométriose n’étant pas reconnue comme une maladie qui peut sensiblement affecter la vie professionnelle des malades, celles qui en souffrent ne se sentent pas légitimes à recourir à leurs droits (arrêts maladie, médecine du travail, ALD « hors liste »). L’enquête a également permis de mettre en lumière les stratégies sous contrainte que les femmes atteintes d’endométriose mobilisent pour concilier maladie et travail (congés ou RTT plutôt que des arrêts maladie, réorientation professionnelle). Ainsi, en l’absence d’une reconnaissance des conséquences de l’endométriose sur la vie professionnelle, les malades s’appuient sur leurs ressources individuelles plutôt que sur des dispositifs institutionnels (médecine du travail, ALD) pour se maintenir en emploi.”

Des résultats édifiants tout à fait en adéquation avec les observations que nous pouvons faire en tant qu’association représentante de malades !

Le travail mené par Alice Romeiro démontre sans conteste qu’il est indispensable de mettre davantage de dispositifs institutionnels à la disposition des malades, ce que notre association demande par ailleurs avec la campagne “Faisons entrer l’endométriose dans la liste des ALD30” que nous menons depuis plusieurs mois auprès des parlementaires et du Ministère des Solidarités et de la Santé (lire notre article ici)

 

 

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